Occistart

Auto & Mobilité

Quels sont les impacts environnementaux de la location de voitures

La location de voiture est parfois présentée comme une solution sobre, parfois comme un accélérateur d'usage. Les deux lectures sont partiellement justes, et ce sont les paramètres d'usage qui tranchent.

Par La rédaction Occistart Publié le 5 min

Parc de véhicules de location alignés sur une aire de stationnement
Parc de véhicules de location alignés sur une aire de stationnement
Sommaire de l'article
  1. Le taux d'utilisation, paramètre central
  2. Ce qui dégrade le bilan des flottes
  3. L'effet de substitution, décisif et souvent ignoré
  4. Les leviers accessibles à l'utilisateur
  5. Ce que la comparaison honnête doit inclure
  6. La question du type de motorisation

L'impact environnemental de la location de voitures est difficile à trancher d'une phrase, parce qu'il dépend moins du modèle économique que des usages qu'il permet ou qu'il remplace. Deux effets s'opposent : la mutualisation améliore le taux d'utilisation des véhicules, mais la logistique de flotte et le renouvellement rapide ajoutent des coûts que la possession individuelle ne comporte pas.

Examiner séparément ces mécanismes permet de sortir des positions de principe.

Le taux d'utilisation, paramètre central

Un véhicule particulier passe la très grande majorité de son existence à l'arrêt. Pendant ce temps, l'empreinte liée à sa fabrication reste inscrite au bilan, sans qu'aucun kilomètre ne vienne la répartir.

1 ratio L'empreinte de fabrication divisée par le nombre de kilomètres parcourus. C'est le seul indicateur qui rende comparables un véhicule très utilisé et un véhicule qui dort au garage.

C'est le principal argument en faveur des usages mutualisés. Un véhicule de location parcourt un kilométrage annuel sans commune mesure avec celui d'un véhicule particulier, ce qui répartit son empreinte de fabrication sur une base bien plus large.

Profil de véhicule Kilométrage annuel indicatif Temps passé à l'arrêt Empreinte de fabrication par kilomètre
Voiture d'un foyer urbain De l'ordre de quelques milliers de kilomètres La plus élevée du tableau La plus défavorable
Voiture d'un foyer périurbain Souvent autour de quinze mille kilomètres Élevé, hors trajets domicile travail Moyenne
Véhicule de location courte durée Plusieurs dizaines de milliers de kilomètres Réduit aux intervalles entre deux contrats Nettement plus favorable
Véhicule d'autopartage urbain Variable, concentré sur des trajets courts Faible dans les quartiers denses Favorable s'il remplace une possession
Utilitaire de location Usage saisonnier, fortes pointes Important hors périodes de déménagement Dépend du dimensionnement de la flotte

Ce tableau explique pourquoi deux véhicules techniquement identiques n'ont pas le même bilan. Ce n'est pas le contrat qui fait la différence, c'est le dénominateur : le nombre de kilomètres sur lequel se répartit une empreinte de fabrication déjà payée. Un véhicule très peu roulé reste le cas le plus défavorable, qu'il appartienne à un particulier ou dorme sur un parc d'agence.

Ce qui dégrade le bilan des flottes

L'effet de substitution, décisif et souvent ignoré

La question la plus déterminante n'est pas comment la location fonctionne, mais ce qu'elle remplace.

Substitution favorable

La location remplace une possession

  • Un véhicule de moins fabriqué et immobilisé
  • Usage rendu visible par son coût, donc arbitré
  • Report vers d'autres modes pour les trajets courts
  • Choix du véhicule adapté à chaque besoin réel

Substitution défavorable

La location remplace un autre mode

  • Trajets qui se faisaient en transport collectif
  • Déplacements qui n'auraient pas eu lieu autrement
  • Catégorie de véhicule supérieure au besoin
  • Multiplication des locations courtes avec repositionnement

Les leviers accessibles à l'utilisateur

Ce que la comparaison honnête doit inclure

Comparer possession et location suppose de mettre dans la balance des éléments que l'on oublie habituellement du côté de la possession : la fabrication du véhicule répartie sur un usage faible, l'espace de stationnement immobilisé, l'entretien d'un véhicule peu roulé dont les échéances se déclenchent au calendrier, et la tentation d'utiliser un véhicule disponible pour des trajets qui se feraient autrement.

Du côté de la location, il faut compter le repositionnement, la préparation entre deux locations et le surdimensionnement de flotte. L'arbitrage dépend ensuite du kilométrage annuel réel : sous un certain seuil, la mutualisation l'emporte assez nettement ; au-delà, l'écart se resserre jusqu'à s'inverser.

La question du type de motorisation

Le choix entre thermique, hybride et électrique dans une flotte de location suit une logique propre. L'électrique tire son avantage d'un usage intensif, puisqu'il compense progressivement l'empreinte de fabrication de sa batterie. Un véhicule de location parcourant un kilométrage annuel élevé se trouve donc dans la configuration la plus favorable à cette technologie.

La contrainte est ailleurs : la location sert fréquemment des trajets longs et imprévus, pour lesquels la recharge introduit une organisation que tous les clients n'anticipent pas. Cela explique la progression plus lente de l'électrique dans les flottes de location longue distance que dans les flottes urbaines et d'autopartage, où les usages sont mieux bornés.

Aucun modèle économique ne rend une voiture sobre par lui-même : ce sont les kilomètres parcourus, et la manière dont ils le sont, qui décident du résultat. La question utile, avant même de comparer possession et location, reste de savoir combien de ces trajets pourraient se faire autrement. Le reste n'est qu'un arbitrage entre deux imperfections.

Questions fréquentes

Louer est-il plus sobre que posséder ?

Cela dépend du kilométrage annuel. Pour un usage occasionnel, la location évite l'immobilisation d'un véhicule dont la fabrication a un coût environnemental élevé et qui resterait inutilisé la majeure partie du temps. Pour un usage quotidien intensif, la possession redevient comparable, la mutualisation n'apportant plus d'économie d'usage. L'arbitrage se joue donc sur les kilomètres réellement parcourus chaque année, pas sur le principe. Reste un effet que le calcul oublie souvent : un véhicule que l'on ne possède pas ne se prend plus par habitude pour trois cents mètres, ce qui reporte une partie des trajets courts vers la marche ou le transport collectif.

L'empreinte de fabrication est-elle si importante ?

Elle représente une part significative du bilan total d'un véhicule sur sa vie, et cette part augmente pour les véhicules électriques, dont la fabrication de batterie est intensive mais dont l'usage l'est beaucoup moins. Cela renforce l'intérêt d'un taux d'utilisation élevé, qui répartit cette empreinte sur davantage de kilomètres. Concrètement, deux véhicules électriques identiques affichent des bilans très différents selon qu'ils roulent peu ou beaucoup : c'est le kilométrage qui amortit la batterie, pas le temps qui passe. Un thermique peu utilisé se trouve dans la situation inverse, fabrication plus légère mais usage plus coûteux.

Qu'est-ce que le repositionnement de flotte ?

C'est le déplacement de véhicules entre agences pour équilibrer l'offre et la demande, effectué par camion porte-voitures ou par des conducteurs. Ces trajets ne transportent aucun client et s'ajoutent au bilan de la flotte. Ils sont particulièrement importants sur les trajets à sens unique, très demandés dans une direction et peu dans l'autre, ainsi qu'aux changements de saison entre littoral et montagne. Leur poids diminue quand la flotte est dimensionnée au plus près de la demande locale et quand le client accepte un aller-retour plutôt qu'un aller simple.

Le renouvellement rapide des flottes est-il un problème ?

Il présente deux effets opposés. D'un côté, il maintient en circulation des véhicules récents, généralement moins émetteurs à l'usage et mieux entretenus. De l'autre, il accélère le rythme de fabrication et alimente un marché de l'occasion qui prolonge l'usage de véhicules qui auraient pu sortir du parc. L'effet net dépend donc de ce que devient le véhicule ensuite : revendu et conduit encore longtemps, il aura servi ; sorti du parc tôt, la fabrication accélérée pèse seule. C'est aussi ce qui rend les comparaisons publiées délicates à interpréter, tant l'hypothèse de seconde vie change le résultat.

Comment réduire l'impact de sa location ?

Choisir la catégorie de véhicule réellement nécessaire plutôt que la plus grande disponible, privilégier une agence accessible sans détour, éviter les trajets à sens unique qui génèrent du repositionnement, regrouper les déplacements sur une même location plutôt que multiplier les locations courtes, et adopter une conduite souple qui réduit sensiblement la consommation.

L'autopartage change-t-il la donne ?

Il pousse plus loin la logique de mutualisation, avec des taux d'utilisation supérieurs à ceux d'un véhicule particulier. Son bilan dépend fortement de ce qu'il remplace : il est favorable s'il se substitue à une possession, beaucoup moins s'il se substitue à des trajets qui se faisaient auparavant à pied, à vélo ou en transport collectif. Le second paramètre est la densité du service : un véhicule disponible à quelques minutes de marche remplace vraiment une voiture personnelle, alors qu'un service trop dispersé ajoute des trajets d'approche et reste sous-utilisé.

location de voitureenvironnementmobilitéempreinte carbone

À lire ensuite

D'autres guides de la rubrique Auto & Mobilité

Tout voir
Conducteur essuyant la buée à l'intérieur du pare-brise avec un chiffon microfibre par temps de pluie Auto & Mobilité

Buée à l'intérieur du pare-brise qui ne part pas : causes et solutions

Chaque matin d'automne, le pare-brise se couvre de buée à l'intérieur et la ventilation met dix minutes à le dégager, quand elle y arrive. Le réglage compte, mais une buée tenace signale surtout un excès d'humidité dans l'habitacle, dont il faut trouver la source.

5 min de lecture

Joints d'échappement de différents types posés près d'un collecteur automobile Auto & Mobilité

Choisir le bon joint pour tuyau d'échappement : guide d'achat

Un joint d'échappement se choisit sur trois critères : sa géométrie, sa matière et ses dimensions exactes. L'erreur la plus fréquente consiste à surdimensionner le serrage pour compenser un joint inadapté.

4 min de lecture

Vue rapprochée d'une courroie de distribution et de ses galets sur un moteur ouvert en atelier Auto & Mobilité

Démarrage difficile lié à une courroie de distribution défectueuse

Un démarreur qui tourne longtemps, un moteur qui hésite puis qui part : avant d'accuser la batterie, il faut savoir qu'une courroie de distribution en fin de vie produit exactement ces symptômes. Voici comment faire la différence.

8 min de lecture

Mécanicien branchant une valise de diagnostic sur un véhicule pour analyser les signaux moteur Auto & Mobilité

Quel rôle la sonde lambda joue-t-elle au quotidien dans le moteur ?

Une sonde lambda ne tombe pas en panne du jour au lendemain : elle ralentit, et le moteur s'ajuste mal sans rien signaler. Lire ce glissement dans la consommation, le ralenti et les émissions évite de remplacer une pièce saine et de sacrifier un catalyseur encore bon.

5 min de lecture