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Première plongée à Tenerife : réussir son baptême

Un baptême tient en une demi-journée dont vingt minutes sous l'eau. L'essentiel se joue avant : le jour retenu, l'état de son nez, le créneau du matin. Voici comment aborder cette première immersion sans la subir, et quoi faire quand le corps proteste.

Par La rédaction Occistart Publié le 6 min

Plongeur débutant accompagné d'un moniteur au-dessus d'un fond de sable volcanique sombre
Plongeur débutant accompagné d'un moniteur au-dessus d'un fond de sable volcanique sombre
Sommaire de l'article
  1. Ce que l'on achète vraiment avec un baptême
  2. Où placer l'immersion dans le séjour
  3. Les vingt-quatre heures qui précèdent
  4. Depuis le bord ou depuis le bateau
  5. Sous l'eau, lire ce que le corps signale
  6. Les heures qui suivent la sortie de l'eau

Un baptême de plongée se réserve en cinq minutes et se rate pour des raisons qui se décident la veille. À Tenerife, l'eau reste plongeable toute l'année et les centres accueillent les débutants sans aucune expérience, ce qui laisse croire qu'il n'y a rien à préparer. Trois choses décident pourtant du résultat : le moment du séjour où l'on place l'immersion, l'état dans lequel on se présente au centre, et la façon dont on répond aux signaux du corps une fois sous l'eau.

Ce que l'on achète vraiment avec un baptême

Un baptême n'est pas une plongée au rabais, c'est une autre activité. Le moniteur gère la flottabilité, la trajectoire, la profondeur et la surveillance de l'air : vous n'avez à vous occuper que de respirer et de regarder. La contrepartie est l'absence complète d'autonomie. Aucune carte n'est délivrée, et cette seule expérience ne permettra pas de plonger ailleurs.

20 minest l'ordre de grandeur du temps réellement passé sous l'eau lors d'une découverte encadrée. Le reste de la demi-journée part en formalités, briefing, habillage et rinçage.

Cette proportion surprend et explique bien des déceptions. Compter une matinée entière pour une vingtaine de minutes d'immersion change l'état d'esprit : on cesse de regarder l'heure et l'on prend le temps de s'habituer au détendeur. Si l'envie de poursuivre se confirme, la suite ne ressemble plus du tout à cela, puisqu'elle passe par une certification dont le rythme et le contenu sont détaillés dans notre guide sur le déroulé des formations de plongée sur l'île.

Où placer l'immersion dans le séjour

Le calendrier du séjour pèse plus lourd que le choix du site. Une mer formée, un vent qui se lève ou un centre complet suffisent à décaler une sortie, et un baptême prévu le dernier matin ne se rattrape jamais.

Reste la question de santé, qui se règle avant de réserver et non sur le ponton. Le centre fait remplir un questionnaire : il se lit sincèrement, ligne par ligne. Toute réponse positive, qu'elle porte sur les poumons, le cœur, les oreilles, la vigilance ou un traitement en cours, impose l'avis préalable d'un médecin, si possible familier de la médecine de plongée. Cette consultation se prévoit avant le départ, car la trouver sur place en pleine saison relève de la chance.

Les vingt-quatre heures qui précèdent

Depuis le bord ou depuis le bateau

Mise à l'eau depuis le bord

Quand on redoute l'inconnu

  • Aucun mal de mer, aucun trajet en surface
  • Descente progressive le long d'une pente, pied posé jusqu'au dernier moment
  • Possibilité de renoncer ou d'écourter sans gêner personne
  • Marche équipé et franchissement du ressac, plus physiques qu'ils n'en ont l'air

Mise à l'eau depuis le bateau

Quand on a le pied marin

  • Accès à des sites plus variés et souvent moins fréquentés
  • Pas de marche sur galets, l'équipement se met assis
  • Bascule arrière impressionnante, mais brève et sans difficulté réelle
  • Trajet en mer qui peut retourner l'estomac avant même l'immersion

Pour une première fois, l'entrée depuis le bord l'emporte souvent, parce qu'elle supprime deux sources de stress d'un coup : le roulis et l'impossibilité de faire demi tour. La côte sud et sud ouest de l'île, abritée des vents dominants, concentre justement des sites accessibles à pied où la pente volcanique amène à des fonds intéressants en quelques palmes.

Sous l'eau, lire ce que le corps signale

Un débutant passe son immersion à interpréter des sensations nouvelles. Les connaître à l'avance évite de les prendre pour des incidents.

Ce que l'on ressent Ce que cela signifie Ce que l'on fait
Pression ou pointe dans les oreilles L'équilibrage a pris du retard sur la descente On s'arrête, on remonte un peu, on souffle narines pincées en douceur
Respiration rapide et bruyante Stress ou palmage trop appuyé On se stabilise, on allonge l'expiration, on prévient le moniteur
Filet d'eau dans le masque Sangle trop serrée ou mèche de cheveux prise sous la jupe On appuie le haut du masque et on souffle par le nez
Froid qui s'installe malgré la combinaison Durée, immobilité ou combinaison trop large On le signale tôt, l'immersion s'écourte sans regret
Envie de remonter tout de suite Réaction fréquente et parfaitement admise On fait le signe convenu, la remontée se fait lentement, avec le moniteur

Deux règles ne se négocient jamais. On ne bloque pas sa respiration, en particulier pendant la remontée, car l'air contenu dans les poumons se dilate quand la pression diminue. Et l'on ne force pas sur les oreilles : la douleur est un signal d'arrêt, pas un obstacle à franchir. Tout le reste se corrige, s'annonce par un signe et se règle sous l'eau en quelques secondes.

Les heures qui suivent la sortie de l'eau

Une oreille qui reste bouchée ou une douleur qui dure au delà de la soirée méritent aussi un avis médical, même sans autre signe. Ces suites restent rares et bénignes dans l'immense majorité des cas, mais seul un professionnel peut le confirmer après examen du tympan.

Une première plongée ratée l'est presque toujours pour des raisons évitables : un rhume ignoré, une combinaison trop grande, un créneau calé la veille du départ. Prises dans l'ordre, ces questions se règlent en une heure de préparation. Il ne reste plus ensuite qu'à écouter le bruit très particulier du premier détendeur, qui est ce dont tout le monde se souvient.

Questions fréquentes

Peut-on faire un baptême quand on a peur de l'eau ?

Oui, à condition de le dire au moniteur avant la mise à l'eau plutôt qu'une fois immergé. L'appréhension se traite en surface : on respire plusieurs minutes au détendeur, visage dans l'eau, pieds encore posés, jusqu'à ce que le réflexe de retenir son souffle disparaisse. Cette étape peut durer le temps qu'il faut, et un encadrant qui la bâcle ne travaille pas correctement. En revanche, une panique déclarée sous l'eau met tout le monde en difficulté, d'où l'intérêt d'annoncer sa crainte dès l'inscription pour obtenir un encadrement individuel.

Combien de temps dure un baptême du début à la fin ?

Prévoyez une demi-journée complète, souvent une matinée. Les formalités et l'essayage occupent une trentaine de minutes, le briefing à terre une vingtaine, auxquelles s'ajoutent le trajet jusqu'au site, l'habillage, le temps d'adaptation en surface, puis le rinçage du matériel et le débriefing. L'immersion elle même reste courte, de l'ordre du quart d'heure à la demi-heure selon la consommation d'air et le confort du débutant. Réserver une autre activité dans la foulée du créneau annoncé est la meilleure façon de finir en courant.

Que faire si mes oreilles ne passent pas ?

On remonte de quelques dizaines de centimètres, on s'arrête, puis on recommence l'équilibrage doucement. Forcer est le geste à proscrire absolument, c'est ainsi que l'on se blesse au tympan. Descendre lentement, équilibrer avant de ressentir la gêne et non après, et garder la tête vers le haut facilitent le passage. Si rien ne vient malgré plusieurs tentatives, la plongée s'arrête sans discussion. Un rhume même léger, une sinusite ou une allergie en cours suffisent à bloquer les trompes d'Eustache le jour venu.

Peut-on plonger le jour de son arrivée ou la veille du départ ?

Plonger après avoir volé ne pose pas de problème particulier, sinon la fatigue du voyage, qui pèse sur le confort et la consommation d'air. L'inverse est une autre affaire : l'azote dissous continue de s'éliminer plusieurs heures après la sortie de l'eau, et la baisse de pression en cabine peut le faire relarguer. Les recommandations courantes évoquent de l'ordre d'une douzaine d'heures après une immersion isolée, davantage après plusieurs. En pratique, le baptême se place plutôt au deuxième ou troisième jour du séjour, ce qui laisse en plus une marge si la mer impose un report.

À partir de quel âge un enfant peut-il faire un baptême ?

Les organisations de plongée fixent un âge plancher, souvent situé autour de huit à dix ans selon le format proposé, avec une profondeur réduite et un encadrement individuel obligatoire. Au delà du seuil administratif, c'est la maturité qui décide : savoir signaler une gêne, accepter de garder un détendeur en bouche, comprendre une consigne sous l'eau. Le questionnaire de santé s'applique aussi, et un avis médical est fréquemment demandé pour les mineurs. Un enfant que l'on doit convaincre n'est pas prêt, et rien n'oblige à transformer la journée en épreuve.

Faut-il prévoir son propre matériel pour un baptême ?

Non, le centre fournit l'intégralité de l'équipement, combinaison et palmes comprises, et il est inutile d'acheter quoi que ce soit pour une seule immersion. Deux exceptions méritent réflexion. Les porteurs de lunettes gagnent à signaler leur correction à la réservation, car certains centres disposent de masques à verres correcteurs standard. Les porteurs de lentilles souples plongent généralement sans souci, en gardant les yeux fermés lors d'un vidage de masque. Emportez surtout une serviette, de quoi vous couvrir au retour et une protection solaire résistante à l'eau.

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