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Comment créer un herbier de fleurs séchées à partir de son jardin

Un herbier de fleurs séchées garde la trace d'un jardin au fil des saisons. La qualité du résultat dépend du moment de la cueillette, de la vitesse du séchage et du soin du montage. Voici la méthode, du sécateur à la page.

Par La rédaction Occistart Publié le 5 min

Table en bois avec fleurs pressées, feuilles de papier épais, pinceau et flacon de colle pour monter un herbier
Table en bois avec fleurs pressées, feuilles de papier épais, pinceau et flacon de colle pour monter un herbier
Sommaire de l'article
  1. Cueillir au bon moment
  2. Choisir les végétaux
  3. Le matériel et ce qu'il représente
  4. Sécher sous presse
  5. Monter les planches
  6. Conserver l'herbier

Un herbier de fleurs séchées est à la fois un objet décoratif et un carnet de jardin. Une planche bien faite conserve la forme et une grande part des couleurs pendant des décennies. Une planche bâclée brunit, moisit ou se casse en quelques mois. La différence tient à trois moments : la cueillette, le séchage et le montage.

Cueillir au bon moment

1 heureau maximum entre la cueillette et la mise sous presse. Une fleur qui a commencé à faner se déforme et brunit.

Choisir les végétaux

Végétal Facilité de pressage Tenue des couleurs Remarque
Pensée, violette Très facile Bonne Fleur plate idéale pour débuter
Cosmos, coréopsis Facile Très bonne Retirer le cœur épais si besoin
Delphinium, larkspur Facile Bonne, bleus tenaces Presser les fleurons séparés
Coquelicot Moyenne Moyenne, rouge qui fonce Presser aussitôt cueilli
Marguerite, reine-marguerite Facile Bonne Cœur à aplatir doucement
Rose Difficile entière Moyenne Effeuiller ou presser un bouton fendu
Fougères, graminées Très facile Excellente pour les verts et les beiges Encadrent bien une composition
Hortensia Facile par fleurons Bonne si cueilli en fin de saison Fleurons séparés, très décoratifs
Lavande Facile Très bonne Épis pressés ou séchés à l'air

Le matériel et ce qu'il représente

Le poste de dépense qui compte n'est pas la presse, c'est le papier. Un papier de conservation sans acide revient nettement plus cher au feuillet qu'un papier à dessin ordinaire, et c'est pourtant lui qui décide de la durée de vie des planches : un papier acide jaunit, devient cassant et emporte le végétal avec lui au bout de quelques années. La colle neutre suit la même logique, dans des quantités si faibles qu'un seul flacon couvre plusieurs saisons.

Trois fausses économies méritent d'être signalées. L'essuie-tout gaufré imprime son relief dans les pétales et le rend indélébile. Le papier journal tout juste sorti de l'imprimerie peut transférer son encre sur des fleurs claires encore gorgées d'eau, alors qu'un journal de quelques jours ne pose pas ce problème. Enfin un carton de récupération trop souple s'écrase sous la pression, ne laisse plus circuler l'air et allonge le séchage d'une semaine, au détriment des couleurs.

Sécher sous presse

On dispose chaque fleur bien à plat en arrangeant les pétales avec une pince fine, face visible vers le haut, sans chevauchement avec ses voisines. Une fleur en trompette ou en cloche se fend d'un côté et s'ouvre à plat. Les tiges épaisses se fendent en deux dans la longueur.

La presse va dans un endroit chaud, sec et ventilé, pas dans une cave. Le papier absorbant se change le deuxième jour, quand il a pris le plus d'humidité, puis tous les trois ou quatre jours. Au bout de deux à trois semaines, les fleurs sont cassantes et prêtes.

Presse à plat

Pour les planches d'herbier

  • Fleurs plates et fines, feuillages, graminées
  • Deux à trois semaines, papier changé régulièrement
  • Résultat plat, prêt à coller
  • Couleurs préservées si le séchage est rapide

Séchage à l'air, tête en bas

Pour les bouquets et les fleurs en volume

  • Roses, lavande, hortensias, statices, immortelles
  • Deux à quatre semaines en petits bouquets dans le noir
  • Fleur en trois dimensions, inadaptée à un cadre plat
  • Complète l'herbier pour la décoration

Monter les planches

Une fleur pressée est fragile : on la manipule à la pince plate ou au pinceau sec, jamais aux doigts. Une composition simple, une espèce par planche avec ses feuilles, est plus lisible et plus durable qu'un assemblage chargé.

Conserver l'herbier

Les planches se rangent à plat dans une boîte ou un classeur fermé, au sec, à l'abri de la lumière, à température stable. Une feuille de papier de soie entre chaque planche évite les frottements. Un cadre sous verre convient à quelques pièces choisies, sur un mur sans soleil direct. Une inspection annuelle permet de repérer un début de moisissure ou une visite d'insectes, que quelques jours au congélateur dans un sac fermé règlent sans produit.

Un herbier se construit sur plusieurs saisons. Commencer par quelques espèces faciles au printemps, ajouter les fleurs d'été puis les feuillages d'automne, donne en un an un premier volume qui raconte déjà le jardin.

Questions fréquentes

Quelles fleurs sèchent le mieux ?

Les fleurs plates ou peu épaisses : pensées, violettes, cosmos, delphiniums, scabieuses, marguerites, coquelicots, bleuets, feuillages de fougère et graminées. Les fleurs épaisses ou charnues comme les roses, les pivoines ou les tulipes se pressent difficilement entières : on les effeuille ou on les sèche à l'air pour un autre usage. Les feuillages découpés et les ombelles légères complètent utilement une planche sans l'épaissir.

Combien de temps sous presse ?

Deux à trois semaines pour la plupart des fleurs, jusqu'à un mois pour les tiges épaisses. Le papier absorbant se change au deuxième jour puis tous les trois à quatre jours la première semaine. La fleur est prête quand elle est cassante et ne fraîchit plus au toucher. Une pièce chaude et ventilée raccourcit le délai, une cave le double et fait courir un risque de moisissure. Dans le doute, on laisse une semaine de plus : une fleur trop sèche se colle sans difficulté, une fleur encore humide moisit une fois montée.

Comment conserver les couleurs ?

Par la vitesse du séchage : plus l'eau part vite, moins la fleur brunit. Un pressage serré, du papier absorbant changé souvent et un endroit chaud et sec y contribuent. Les bleus et les roses pâlissent souvent, les jaunes et les oranges tiennent bien. La lumière fait ensuite pâlir la planche : on la garde à l'abri. Une boîte fermée ou un cadre placé loin d'une fenêtre ralentit fortement ce vieillissement.

Quelle colle utiliser ?

Une colle neutre sans acide, en gel ou en bâton pour papier de conservation, posée en touches minuscules au dos de la fleur et sur les tiges. Les bandes de papier gommé ou les charnières de papier japonais sont l'alternative des herbiers classiques : elles maintiennent le végétal sans le coller. On écarte en revanche les colles vinyliques ordinaires et les rubans adhésifs, qui jaunissent, rigidifient la fleur et l'arrachent au moindre décollement.

Que noter sur chaque planche ?

Le nom commun, le nom botanique si on le connaît, la date de cueillette, l'endroit du jardin, les conditions du jour et une remarque personnelle si l'on veut. C'est l'étiquette qui transforme une fleur pressée en herbier : sans elle, la planche perd l'essentiel de sa valeur. Une numérotation continue, reportée sur un cahier, permet ensuite de retrouver une espèce sans feuilleter toute la collection.

Presse ou livre ?

Une presse à vis ou à sangles serre mieux et de façon égale : le résultat est plus plat et sèche plus vite. Un gros livre fonctionne pour quelques fleurs fines, avec du papier absorbant intercalé pour ne pas tacher les pages, et un poids posé dessus. Son défaut tient à l'air, qui ne circule pas entre les feuillets : le séchage est plus lent et le brunissement plus probable. On le réserve au dépannage, le temps de se fabriquer une vraie presse.

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